la vie aux pieds des grands hommes
Par GM le 12/04/07, 22:49 - journal - Lien permanent
La tête vide d'attendre la fin de la semaine prochaine avec tellement d'impatience, la tête trop pleine de journées débordantes de travail et la constatation d'un étrange plaisir à y aller comme ça ne m'était pas arrivé depuis plusieurs mois, malgré la fatigue, malgré le fait que je me sente déjà étranger à ces journées là ; à moins que cette étrangeté ne soit précisément la cause de ce regain d'intérêt. Il n'y a pas de regret chez moi, et je me surprend parfois à espérer et à tout faire pour qu'il y en ait chez ceux que je quitte ; comme un petit péché d'orgueil à ne pas leur laisser le loisir de dire bon débarras.
La tête vide de toute idée pour dans deux semaines aussi. La tête blanche presque, ou l'envie du blanc qui pointe comme jamais je ne l'ai fait auparavant, je ne me trouve plus aucune sorte d'attache avec ceux qui veulent y être, une étrangeté absolue, perdu au milieu des hypertrophies des je, des batailles de valeurs, morales ou justes, de peurs obsessionnelles de l'autre, de désirs d'ordres, d'inepties érigées en slogans, de catalogues interminables, où il n'y à qu'à tourner la page pour trouver la mesure, le mot qui s'adresse à moi, précisément moi. Le seul qui ne m'inspire pas d'animosité ne m'inspire rien et je trouve les autres désespérément vulgaires.
Et pourtant, je crois que je finirai par mettre un bulletin nommé, normé. Et je crois que je m'en sentirais lâche. Et je m'en sens triste par avance.