Dans les quartiers chics qui ne sont qu'à quelques stations de métro et qui pourtant restent des inconnus.

L'errance, un peu au hasard, le nez sur les vitrines et les façades bien rangées. On se sent rassuré, comme si toute possibilité d'accident semblait avoir été définitivement effacée de ces lieux, écartée, posée ailleurs, et qu'ici rien de vraiment grave ne pouvait arriver, comme si tout était immobile.

Et puis, peu à peu, pas à pas, une légère inquiétude s'installe, un léger malaise. Cette impression que personne n'habite vraiment  derrière ces devantures en représentation, que toute la foule qui se masse ici est seulement de passage dans ce morceau de ville qui ne servirait qu'à être regardé, scruté, promené.

Finalement, au moment de partir, on se sent un peu écoeuré d'avoir vu d'un seul coup tant de beauté si ostensible, si évidente, là où partout ailleurs elle reste singulière, presque rare. On se on se sent étrangement soulagé de partir, de pouvoir revenir chez soi, là où quelque chose de grave peut arriver, là où quelque chose peut arriver.