Je me souviens que je refusais d'écrire le nom de mes camarades sur les photos de classes, outré que l’on puisse envisager que je sois capable d’oublier le nom de ceux qui partageaient ainsi une grande partie de mon quotidien ; j'avais l'impression que mes camarades se sentiraient insultés que je puisse oublier jusqu'à leurs noms. Je ne les écrivais donc jamais, comme une preuve par l'asbence de l'estime que je leur portais.

Les photos qui me restent maintenant me semblent peuplées d’inconnus. Des visages qui me sont familier, des bruits, des voix, des sensations parfois me reviennent. Mais la plupart des noms me restent inacessibles.