Dans le métro, parmi la foule, elle bruisse, chuchotte, s'énerve et finit par parler fort. Les paroles se font inquiètes et inquiétantes. Ca ne peut plus durer comme ça, ça ne peut plus, ça va craquer, ça va pêter un jour, c'est obligé. Elle hésite, résignée et qui voudrait se mettre en colère.

Les visages s'engouffrent dans la rame déjà surchargée. Mais la conversation continue. C'est une colère impossible qui les dépasse de trop haut, elle et son partenaire de voyage quotidien vers les beaux quartiers. Elle ne trouve pas ses mots ni les actes qui la soulageraient, qui lui donneraient simplement une parole. Lui reste impassible, il ne sait pas quoi ajouter, il a déjà acquiessé mille fois, il se sent trop vieux pour se révolter, il a peur maintenant.

C'est le bruissement quotidien du métro, qui enfle, qui ne se tait plus.