- C'est pour quoi ?
- Une procu.
- Vous habitez où ?
- Ben ici.
- Vous votez où ?
- Ben là bas.
- Et pourquoi vous pouvez pas y aller, c'est pas si loin ?
- Ben je serais là bas (un autre là bas).
- Hum...(intense suspicion). Et vous travaillez où ?
- Euh... Là bas (un troisième là bas).
- Mais pourquoi vous serez là bas et pas là bas ?
- grmpff.
- Bon... votre carte d'identité.
- Voici.
- Mais vous êtes domicilé là bas sur votre carte. (Là bas où je vote).
- Ben oui, j'habitais là bas (où je vote) quand je l'ai faite faire.
(Autre regard soupçonneux)
- Vous savez que vous auriez dû..?
- grmblffffmouimaisnon
- Pour votre attestation sur l'honneur, pensez à dire que votre employeur....
- En fait, je serai en vacances, et c'est pas vraiment mon employeur qui m'y envoie. Enfin c'est que lui il serait plutôt contre... les vacances en général, je veux dire.
(Je suis à deux doigts de passer derrières les verrous... l'athmosphère devient tendue... des murs d'incompréhensions réciproques nous séparent)
- Et vous êtes étudiant ?
- Euh.. non, pas vraiment (léger moment de flottement...)... pourquoi ?
- Non pour rien. Bon voilà, vous remplissez là, et là. Ici vous mettez l'adresse, tout ça tout ça, et il ne faut pas faire de rature, sinon il faut tout recommencer.
- Ah ...
....
Pendant l'exercice d'écriture, un autre uniforme arrive.
- Ah, te voilà, comment vas-tu ?
- Vu que je suis vivant, ça va.
(C'est pour m'impressionner, je le sais)
S'en suit une longue histoire de course poursuite.
(En plus, je suis innocent, je n'ai rien fait de mal, à part un ou deux feux oranges très foncé et une ou deux grands mères que je n'ai pas aidé à traverser, enfin trois ou quatre, et heu...)
Avec des coup de feu et tout, digne d'une série télévisuelle d'envergure.
(un ou deux excès de vitesse aussi... Bon, ok, il y avait bien ces quelques malabars quand j'avais 6 ans au félix-potin, mais c'était pas moi, c'était mon copain qui avait eu l'idée...)
- Mais j'ai juste une égratignure au genou, j'ai eu de la chance.
Je réprime un pouffement, forcément.
- Quoi, qu'est-ce qu'il y a, vous ?
- Euh... non, rien, j'ai fini.
- Montrez voir ... Bon, c'est bon, vous pouvez partir.


Finalement, la procu, c'est un peu l'aventure au commissariat en bas de chez soi.
La preuve, j'ai presque réussi à leur piquer leur stylo, mais je me suis fait attaper. Là j'écris de derrière les barreaux (ceux qui sont avec des verrous).

Je crois que j'ai urgemment besoin de vacances.