Me voilà de retour chez moi, à la fin de la journée de travail, fatigué, lassé des embouteillages et de toute cette agitation.
D'abord je vois la porte de la maison qui est ouverte.
Puis tous ces sacs plastiques un peu partout. Je fouille un peu, des papiers, des morceaux de verre, de plastiques, de fers, des bouts de jouets cassés, des crayons usés. Des morceaux d'objets inanimés tous rassemblés ici.
Ca ne ressemblait pas à des poubelles, trop propres, trop vivants encore.

Je ne savais pas trop quoi faire. Je suis juste allé à la cuisine, me servir un verre, écouter la maison.
Je l'ai entendue, assise par terre, en train de chanter sa petite mélodie danns le salon. Je suis allé la voir. Elle m'a accueilli d'un sourire, puis a continué à chanter, à fouiller dans ses sacs, à toute occupée à sa recherche.
Je me suis assis à côté d'elle, j'ai embrassé son épaule.
Tu fais quoi ?
Tu as vu tout ça ?
Ben oui, plutôt hein, difficile de ne pas le voir... Qu'est-ce que c'est, tout ça ?
C'est chouette hein ?

Elle n'a pas répondu. Je savais bien que je n'en saurais pas beaucoup plus tant que ça ne serait pas le moment. Je l'ai regardée s'occuper. Elle semblait essayer de regrouper les morceaux d'une ancienne lettre, une sorte de puzzle ancien inattendu.
Tu as retrouvé tous les morceaux ?
Je crois oui, il ne reste que le coin, là, et ce petit bout, mais on peut tout lire.
Et ça raconte quoi alors ?
Tiens.
Elle me tendait la lettre.