Cette vague et désagréable impression
Par GM le 01/10/03, 16:36 - Lien permanent
Cette vague et désagréable impression d'avoir été floué.
Plus la fatigue.
Plus les reproches alors que j'avais dit depuis le début que je n'y comprendrais rien. Mais il n'y avais personne d'autre tu comprends, et puis, vu la conjoncture, on pouvait pas refuser. Enfin, plus moi que lui. Et puis la conjoncture est une vraie salope. Il faut faire avec, tu comprends ?
Et puis tu as promis que t'investirais personnellement dans cette affaire, c'est ce qui fait que tu l'as eue. Je ne serais pas tout seul, tu vois ? Tu piges rien, mais je suis avec toi.
Plus la promesse de nous faire allumer dès bientôt si rien ne change d'ici là, par solidarité affichée, ce nous employé à ce moment.
Un moment, je me suis dit que ça serait bien de me mettre à pleurer là tout de suite, juste pour voir son air con, pour calmer tout le monde. Je crois même que je n'aurais pas eu besoin de trop me forcer. Les larmes ne semblaient pas si loin.
Non pas à cause de tous ces plus de fatigue, de reproches, mais juste parce que cette scène me semblait totalement pathétique dans la façon dont elle se déroulait.
Parce que j'aurais voulu dire merde et j'en suis incapable.
Parce que je me disait que j'aurais mieux fait de me faire porter malade alors que je l'étais salement, plutôt que de venir pour finir ce qui devait l'être malgré toute cette fièvre.
Parce qu'il faut sourire au téléphone tu comprends ?
Parce qu'il faut comprendre malgré eux ce que veulent ces gens qui nous paient.
Parce que les affaires, c'est les affaires, et que tu peux vomir Sarkozy tout ce que tu peux et te retrouver à travailler pour lui, ou son ministère, et que tu es content de le faire, l'argent n'a pas d'odeur.
C'est ça. C'était pathétique. Je me suis juste rendu compte que j'avais accumulé plus d'amertume que je ne le pensais.
Et non, j'ai pas pleuré.
Oui, je viendrais plus tôt demain matin pour remettre tout ça d'équerre.
Il ne reste plus qu'à m'abrutir d'heures sup pour faire croire que je comprends quelquechose à ce que je vais raconter.