C'est cette sorte de contentement un peu béat, qui te prend parfois, quand tu constates que tu te trouves à la croisée de certains chemins.
Ces chemins de zonages, d'opéras, de mensonges, de nombrils tripotés, de paroles de chansons chroniquement égocentriques, de fois qui dépendent, d'écrans de l'autre côté, d'aimant tout ce que peut faire, de conversations avec soi même, d'yeux noirs (ce seul morceau que j'ai joué au saxo avec toi au piano, toi qui ne m'écouteras jamais écrire ici), de gibets, d'antipaléudéen, d'euphories, de coffres à doubles fond, de bâton de marche. Et de beaucoup d'autres que je ne saurais vraiment dire. Que j'ai oublié, forcément. Certains ont des yeux, d'autres ont juste des mots. Mais tous ont commencé par des mots.
C'est le seul problème des listes qu'on commence, on en oublie tellement à chaque fois, qu'on se dit qu'on aurait préféré se taire plutôt que de la commencer, cette foutue liste. J'aimerais tellement être Perec dans ces moments, juste pour lister avec talent. Et cet ordre obligatoire aux mots. J'aimerais tellement tout lancer à celui qui passe, comme un sac rempli de perles.

A chaque fois, j'ai une sorte de fierté un peu puérile. Celle de me dire que tout ce que je fais n'est pas que bon à mettre à la corbeille.
Alors, il faut jouer juste, la bonne partition. Et dire merci à la fin, parce que le film était bon, parce qu'on y a passé un bon moment, ce qui n'est pas forcément pareil. Mais à la fin on s'en fout un peu finalement.