Je me souviens, un moment, j'avais pensé aller travailler un temps en Russie. Je n'y suis pas allé parce que je n'ai pas vraiment cherché parce que je suis un couard dès qu'il s'agit de partir un peu au loin.
Aujourdhui, je regrette. Depuis une, (deux, trois ?) semaines. J'ai l'impression que c'est une éternité.
Je rêve de Sibérie.
Le pire, c'est que je suis incapable de penser à rien d'autre. Toute cette foutue chaleur me bouffe toutes mes pensées.
En sortant du RER, j'ai eu l'impression qu'il faisait presque frais dehors, ça a duré trentes secondes.

Je me souviens le froid, quand respirer serre les poumons, quand respirer devient visible.

Je me souviens ce froid que j'ai connu une seule fois, celui où il faut inspirer par la bouche et expirer par le nez, celui où le visage n'a plus aucune sensation au bout de trois minutes dehors, celui où en crachant par terre on peut etendre un bruit légèrement cristallin, celui où il ne faut sous aucun prétexte toucher un morceau de métal à main nue, celui où de toute façon il ne vous viendrait vraiment jamais à l'idée d'être à main nue, celui où il faut vraiment être un touriste pour entamer une bataille de boule de neige tellement on le regrette vite, celui où je n'ai jamais pu prendre de photo parce que le mécanisme de l'appareil était gelé, celui où, arrivant à Moscou, il fait -15°, et où vous retirez votre manteau tellement il ne fait pas froid.
C'était pas en Sibérie, mais pas très loin.