Etrangement, Il se sentait tout
Par GM le 15/04/03, 22:31 - Lien permanent
Etrangement, Il se sentait tout à fait capable d'écrire des pages entières à expliquer et regretter qu'il n'ait pas envie d'écrire pour le moment. La vie cherche à reprendre son dû. Il a envie de lui rendre.
Il ne s'est jamais senti vivre à écrire. Les moments d'écriture, bien peu fugaces, au contraire, sont principalement des moments d'isolement. Sans être très bien capable de déterminer lequel entraîne l'autre. Comme il n'est pas certain de savoir si c'est la vie qui le rattrape ou si c'est lui qui a envie de la rechercher. La vie c'est les autres. Ecrire, lire c'est son échec en quelquesorte.
Ecrire c'est le plus souvent pénible, les mots qui ne viennent pas, le récit qui s'en va, se cache cache, joue au chat et à la souris avec ses nerfs, sa patience, hormis quelques moments de grâces beaucoup trop rares à son goût. Aujourd'hui il se demande si ces moments là en vallent bien la chandelle.
Il pense à l'autre là bas qui n'écrit pas et qui fait de la musique, un peu jaloux de constater à quel point ces moments de musique étaient des moments de partage par rapport à ses moments d'écriture. Ils en ont parlé, longemps, longuement. L'autre ne comprend pas qu'il ai déposé son instrument définitevement comme ça d'un coup il y a quelques mois, quelques années.
L'autre regrette de ne pas pouvoir partager ses moments de musiques avec lui. Mais il ne s'en sentait pas capable. Cet abandon devant son instrument. Cette écoute obligée des autres. Cette honte devant sa propre médiocrité sonore. Il a préféré laisser l'intrument là où il en était. Il est certainement toujours au même endroit, poussiéreux. Les écouter jouer, et essayer de partager ses bouts de mots à lui, comme il peut.
Au moins la musique des autres le transporte. En les écoutant, il se sent envahi de phrases, d'ambiances, de scènes, de mots, de récits, de bouts de vie. Il essaie à ce moment de s'en imprégner en espérant qu'il en restera un peu lorsque il se retrouvera devant sa feuille à espérer que le rythme arrive. Puis généralement toutes ces paroles se perdent dans les verres qui suivent les répétitions auxquelles il assiste.
Il espère il attend l'éclair, le mots inévitable, celui qui s'imposera de lui même, qu'il ne pourra pas éviter. Mais il se sent fatigué d'attendre.