instant politique
Par GM le 23/05/03, 16:21 - Lien permanent
"Pour réduire le déficit budgétaire, une réduction très importante des investissements publics ou une diminution des dépenses de fonctionnement ne comportent pas de risque politique. Si l?on diminue les dépenses de fonctionnement, il faut veiller à ne pas diminuer la quantité de service, quitte à ce que la qualité baisse. On peut réduire, par exemple, les crédits de fonctionnement aux écoles ou aux universités, mais il serait dangereux de restreindre le nombre d?élèves ou d?étudiants. Les familles réagiront violemment à un refus d?inscription de leurs enfants, mais non à une baisse graduelle de la qualité de l?enseignement et l?école peut progressivement et ponctuellement obtenir une contribution des familles, ou supprimer telle activité. Cela se fait au coup par coup, dans une école mais non dans l?établissement voisin, de telle sorte que l?on évite un mécontentement
général de la population."
Copié/collé de la page 30 du Cahier de politique économique n°13, directement consultable sur le site de l'OCDE.
Dans mon immense bonté et honnêteté, j'avoue, retirée de son contexte, elle perd de son sens. Ce qui est proposé ne s'adresse pas aux pays riches, mais aux pays en voie de développement qui sont dans la panade.
Par ailleurs, je tiens à compléter :
"Le gouvernement doit aussi réduire la masse salariale et couper des subventions. Mais, pour réussir, il doit dans ce cas accorder la plus grande attention aux détails et adopter une optique désagrégée. Rien n?est plus dangereux politiquement que de prendre des mesures globales pour résoudre un problème macro-économique. Par exemple, si l?on réduit les salaires des fonctionnaires, il faut les baisser dans tel secteur, les bloquer en valeur nominale dans un autre, et même les augmenter dans un secteur clé politiquement. Si l?on diminue les subventions, il faut couper celles pour tels produits, mais maintenir en totalité celles pour d?autres produits. Le souci du détail ne connaît pas de limite : si les ménages pauvres consomment seulement du sucre en poudre, on peut augmenter le prix du sucre en morceaux pourvu que l?on garde la subvention au sucre en poudre."
"Le secteur clé" évoqué, c'est "évidemment, il est déconseillé de supprimer les primes versées aux forces de l?ordre dans une conjoncture politique difficile où l?on peut en avoir besoin."
A la base, entendu sur "là bas si j'y suis" sur France Inter.