Je pense simplement à cette gamine de pas très vieux du tout, un tout petit nombre d'année, tellement peu par rapport à touts celles que j'ai déjà vécu et qui a été sortie des décombres d'un immeuble en Algérie. Cette gamine qui aura une vie que personne n?aurait pu espérer pour elle. On en entendra jamais pu parler, j?espère qu?elle sera heureuse.

Ca me trouble qu'à chaque fois qu'il y ait un évènement dramatique sur la sène internationale, j'ai des connaissances que je sais touchées plus ou moins personnellement.

Pour l'Algérie, c'était elle qui m'a aimé, et que j'ai aimé aussi et on a passé un bout de chemin ensemble, sa mère était Algérienne, avait encore de la famille là bas. A chaque fois que nous abordions le sujet, elle changeait, devenait beaucoup dure, sans concession vis à vis de toute cette horreur. Il faut dire qu'à l'époque, c'était le Front Islmique du Salut qui faisait la une et c?éait incompréhensible, aburde, obscène, dégueulasse. Aujourd'hui c'est un tremblement de terre. Je ne me sens pas capable de lui téléphoner, la dernière fois une voix très masculine m'a répondu, voix qui s'appelait "Vincent, non elle n'est pas là", ça m'a fait un choc et refroidi, pourtant c'était bien compréhensible après tout ce temps. J'espère que tout va bien, y compris pour cette famille que je ne connais pas.

Puis il y a eu la côte d'ivoire qui est tombée dans le gouffre de l'oubli, personne ne sait ce que devient ce pays, silence radio, télévisuel, journalistique, effacé par cette farce tragique de l'Irak. Un ami, une simple connaissance plutôt dont j'ai déjà du parler, qui cherchait du travail en France et qui ne pouvait pas parce qu'il lui fallait un visa pour lequel il fallait un travail pour lequel il lui fallait un visa pour lequel il lui fallait un visa pour lequel il lui fallait un... Je ne sais pas si il a du retourner là bas, comment il vécu tout ça, comment va sa famille, on se croisait, on n'était pas vraiment amis. Il avait racheté une vieille R5, passé son permi, et conduisait comme un sagouin. J'espère que tout va bien. Je ne sais même pas comment le joindre.

Puis il y a la chine avec ce gars que j'adore, le genre de type qui part et dont on se dit qu'on a raté quelquechose, on aurait du lui parler plus, apprendre à le connaître, je l'aurais fait si lui et moi n'avions pas été si avinés à chaque fois qu'on se croisait, et on ne trouvait pas grand chose à se dire si nous n'étions pas déshinibés par l'alcool. Enfin surtout moi. Tu m'as promis un jour un soir ou plutôt une nuit ne m'emmener sur un bateau juste pour naviguer parce que ça devrait me plaire, parce que c?était ta drogue avec le vin, la bière et d?autres, et puis j'attend toujours, mais faut dire que je suis mort de trouille dès que j'ai plus les pieds sur le plancher des vaches, donc comme d?habiude j?ai été lâche, j?ai fuis et toujours éludé les invitations plus sérieuses. Tu es à Canton, un des épicentres du SRAS, et tu as décidé de rester, parce que ?cette maladie ne t?as pas eue, et ne t?aura pas?, et surtout que c?est mieux payé depuis que tout le monde fuit. C?est vrai que tu peux être un salaud parfois. J?aurais pas forcément fait mieux.

Et puis toit, avec ton nom imprononçable que j?ai du t?obligé à l?écrire pour espérer m?en souvenir, tu viens de Taiwan -autre épicentre du SRAS- et tu es venue en France comme ça pour voir et apprendre le français, je te parlais toujours en Anglais. Ca fait quelques semaines que je dois t?appeler et plus le temps passe plus je me dis que c?est intolérable d?avoir autant de retard, et plus j?ose pas te rappeler. Si ça se trouve tu es retournée là bas et j?en sais rien. Tu es la seule personne venant de l?étranger que je connaisse qui préfère Lille à Paris.

Toi aux états unis, qui a toujours été un parisien si parfait jusqu?à la caricature, et qui finalement est parti aux Etats Unis pour travailler dans le secteur de l?automobile, alors que ça ne te ressemble ni de près ni de loin l?automobile, tu conduis comme un parisien et tu n?aimes pas les voitures ni l?industrie, et qui avait hésité à rester là bas pour de bon pour des raisons qui te regardaient toi et elle et qui finalement m?a annoncé que tu rentrais parce que ça devenait trop bizarre là bas quand tu étais français. remarque c?était il y a quelques mois déjà, peut être as-tu changé d?avis depuis.

Puis il y a Israel, dont je l'ai plus trop le coeur à parler ce soir, peut être demain. Et puis il ya tous les autres.

En règle générale, je pense à me dire qu'il faudrait que je garde le contact avec les gens que j?apprécie à partir du moment où je considère qu?il est beaucoup trop tard pour que ce soit décent.