Avant, j'avais des certitudes, je
Par GM le 24/03/03, 22:14 - Lien permanent
Avant, j'avais des certitudes, je pouvais tirer les enseignements d'un évènement avec un aplomb certain. J'étais capable de commenter l'actualité avec goût et sûreté, sans jamais écouter ce que je disais, de toute façon, je ne la suivait pas, ou peu. Je connaissais l'avenir.
Aujourd'hui, je n'y arrive plus, le coeur n'y est plus, et je regarde les autres affirmer avec effroi de quoi sera fait le monde demain. Avec effroi, parce que le doute n'est jamais présent, avec effroi, parce qu'affirmer une chose n'a jamais empêcher personne d'affirmer le contraire le lendemain sans que le monde ne sécroule, avec effroi de penser que j'ai pu être pareil, avec effroi, parce que je me dis que quoi qu'on m'affirme, je me dis que ça pourrait bien être pire.
Je regarde les gens parler avec ceritude, et je peux plus rien faire d'autre que regarder. Ca me prend tout mon temps, et jamais je ne m'engage, je ne peux pas, l'engagement me semble catégoriquement impossible. Tous les engagements.
Alors je regarde les autres qui s'engagent avec une peur mélée d'envie, parce qu'ils donnent cette terrible impression de vivre alors que j'ai l'impression de seulement d'assister à la vie.
C'est bien ça : assister à la vie.