La nuit.
Par GM le 28/11/02, 17:40 - Lien permanent
La nuit tu dors et je te regarde dormir. C'est si compliqué de parler finalement. Si j'étais capable de te dire tout ce que je pense à toi pendant que tu dors. Au lieu de ça je n'arrive qu'à ce silence qui nous gêne un peu tout les deux, que je brise le plus bêtement du monde en racontant quelquechose ou n'importe quoi. Le silence me gêne autant que de ne rien te dire parfois.
Alors la nuit je me lève pour t'écrire pendant que tu dors. Tu le sais. Je sais que tu le sais. Tu sais que je sais que tu... Tu n'as qu'à prendre le cahier qui traine toujours en évidence n'importe où sur la table et qui n'est jamais caché. Tu n'as qu'à le prendre un soir et le lire, et tu saura bien tout ce que je n'arrive pas à dire.
Mais tu refuses. Tu ne veux pas prendre l'initiative d'entrer dans ce que tu considère comme étant mon jardin, ce bout de cahier en papier. Tu ne veux pas y entrer sans y être invitée. Je voudrais bien que tu y entres sans que je t'y invite. Alors on se regarde en silence, un peu gênés tous les deux.
Je te regarde dormir et respirer. C'est si long les nuits parfois. Je sais que tu attends que je te parle. Je sais que tu n'attendra pas toute ta vie que je te parle. Je sais que tu as envie que je te parles, que je te raconte, que je me raconte, que je prenne corps, que je m'inscrive dans un passé et que je t'inscrive dans mon histoire.
Je passe la main dans tes cheveux, et je t'embrasse sur la nuque, pour te réveiller.
Je te dis que c'est idiot, qu'il est quatre heures, mais qu'il faut que je te dise...