Les ciels s'imaginent [1]
Par GM le 15/07/04, 23:59 - Lien permanent

“Je ne suis pas allé jusque là. Mais nous aurions trouvé un moyen de sortir. On ne meurt pas dans ses propres rêves, tu sais. Même si la porte était verrouillée, il se serait passé quelque chose et on aurait pu sortir. C’est comme ça que ça marche. Tant qu’on est dans un rêve, il y a toujours un moyen de sortir.”
Paul Auster, La nuit de l’oracle

Il aura bien fallu retrouver le goût d’une journée passée esseulé, un peu morne. Le temps qui passe sans jamais vraiment me tirer avec lui, l’ennui qui s’écoule, un peu paresseux. L’étonnement, malgré tout, d’en être arrivé à bout.
Juste treize petites minutes d’une voix, encore beaucoup trop lointaine pour que je puisse la caresser des doigts, la sentir, la toucher des lèvres, la prendre dans mes bras.

“Les pensées sont réelles, disait-il. Les mots sont réels et parfois nous savons certaines choses avant qu’elles ne se produisent, même si nous n’en avons pas conscience. Nous vivons dans le présent, mais l’avenir est en nous à tout moment. Peut être est-ce pour cela qu’on écrit, Sid. Pas pour rapporter des événements du passé, mais pour en provoquer dans l’avenir.”
Paul Auster, La nuit de l’oracle

Je regarde le ciel avec envie ces derniers jours, ses variations, sa couverture
ses nuages
ses couleurs.
Je voudrais juste m’allonger, sentir l’humidité de herbe traverser les vêtements et m’endormir à regarder ce film incessant.
J’aurais envie de retrouver un appareil photo pour tout fixer. Mais il ne reste que les yeux, la mémoire.
Ces images si fragiles.