Des familles de diverses favelas de Rio s’étaient installées dans le Grand Ensemble dès qu’il fut construit. La perspective d’avoir une maison à soi et, enfin, de se fixer fonctionnait comme une tentation, mais la distance et la précarité des conditions offertes avaient ensuite amené de nombreuses familles à reconsidérer leur décision. D’un côté les travailleurs devaient se lever à l’aube et marcher trois kilomètres pour prendre un autobus place de la Freguesia. D’un autre côté, tous les enfants qui arrivaient se prenaient de passion pour cet endroit : quand ce n’étaient pas les goyaviers, c’étaient les pieds d’ananas, quand ce n’était pas la forêt, c’étaient les maisons hantées ; quand ce n’était pas la mar, c’était le lac ; quand ce n’était pas le fleuve, c’était la lagune ; quand ce n’était pas la lagune, c’était la mer.

La cité de DieuPaulo Lins