Ecrire
Par GM le 14/01/05, 23:59 - Lien permanent
Prendre la plume et tracer quelques lignes, quelques mots.
Les phrases arrivent en marchant, en promenade. Commence alors une course poursuite entre le point d’arrivée et le point d’oubli, qui est souvent le plus près.
Ecrire sans plaisir à l’apparition de l’ambition. Celle de relire quelques temps plus tard et de se dire que je réécrirais de la même manière. Relire, reprendre, raturer, élaguer, cacher, réécrire, revenir scinder, effacer. Maudire l’inspiration.
Etre lu, comme une cerise.
Reprendre les lignes anciennes et les retracer presque entièrement. Ne jamais vraiment savoir quand un texte est terminé.
Ne pas arriver à relire sous les ratures, les pattes de mouches, les secousses. Dommage, ça avait l’air d’être bien.
Parfois, la nuit, un réveil soudain ou entre deux sommeils, des petits bouts s’échappent, s’imaginent, prennent forme. Petites phrases ou grandes fresques dont il ne reste que des lambeaux au matin, à peine le souvenir vaguement désagréable qu’une chose devait être notée.
Truffer l’orthographe, la grammaire, la syntaxe, comme une sorte de farce.
Au cinéma, dans le métro, en réunion, dans le train, en pleine discussion avec des amis. Jamais vraiment quand il faut. Le ressenti d’une sorte de saugrenu au sortir du carnet et du stylo en public. S’imaginer un instant prenant l’air inspiré d’un poète maudit. Se dire que s’il s’agissait de dessins, au moins, il serait possible d’en offrir un bout immédiatement. Essayer de dessiner pour constater encore une fois que finalement, il ne vaut mieux pas.
Parfois, comme un moment de grâce, quelques pages d’un trait, sans jamais revenir, sans une rature.
Dans les bruits d’une brasserie parisienne, les voix, les rires, les commandes, le courant d’air de la porte qui s’ouvre sans arrêt, les grincements de table, le percolateur, les bruits aux éclats de vaisselle. Ne plus reconnaître les visages qui entourent au moment de relever la tête.
Retirer le superflu, toujours.