concurrence(s)
Par GM le 21/07/05, 23:59 - Lien permanent
La concurrence entre deux sociétés d’autoroutes c’est très simple : c’est quand au lieu d’aller à Lille, on finit par aller à Rennes parce que c’est moins cher.
Le plus drôle serait que les groupes de BTP franchouillards qui bavent d’envie devant la vitrine n’aient pas suffisamment de capitaux pour racheter la poule aux oeufs d’or, et que celle-ci soit ramassée par les si honnis fond de pension anglos-saxons. Des automobilistes français et européens cotisant pour les retraités américains, voilà qui aurait de la gueule et oeuvrerait certainement très efficacement pour le réchauffement des relations transatlantiques en sus de celui de la planète.
Mais on peu imaginer que dans le cas d’une tentative de prise de contrôle par un groupe anglo-saxon, les mêmes esprits bien intentionnés viendront au secours de ces entreprises toutes fraîchement privatisées, entonnant le trémolo du modèle d’entreprise industrielle à la française.
Cela pourrait rappeler un certain concert d’appel au patriotisme pour la sauvegarde de la nationalité du capital d’une entreprise aussi pointue technologiquement et stratégique que disons, par exemple, la fabrication de pots de yoghourts. Tout ce lyrisme dégoulinant a un je ne sais quoi d’émouvant au retour de vacances.
La fameuse concurrence libre et non faussée semble quand même beaucoup plus confortable pour ceux qui la vantent lorsqu’elle se pratique en situation de rente monopolistique, de préférence privée, de préférence nationale. Le monopole public, lui, reste bien sûr un insoutenable abus de pouvoir, et la concurrence des autres, elle, n’est pas très souhaitable : on sait jamais, il pourrait leur prendre l’envie de délocaliser par exemple, et on sait bien que c’est pas nos fabricants de yoghourts à nous qui feraient des choses comme ça.
C’est juste des illustrations supplémentaires, s’il en fallait, de la myopie court-termiste et de la tartufferie de ceux qui sont à nos affaires. On peut toutefois leur reconnaître un certain coeur à l’ouvrage quand il sagit de nous le démontrer.
Il paraît qu’on a les dirigeants qu’on mérite et moi je ne me souviens pas de ce que j’ai bien pu faire pour mériter ça. Mais ça devait pas être joli joli.