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  <language>fr</language>
  <pubDate>Mon, 16 Jan 2012 18:24:10 +0100</pubDate>
  <copyright></copyright>
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    <title>Une journée d'Ivan Denissovitch</title>
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    <pubDate>Thu, 18 Aug 2011 12:06:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>GM</dc:creator>
        <category>livres</category>
            
    <description>    &lt;blockquote&gt;&lt;p&gt;Choukhov n'avait guère le choix : s'il ne signait pas, il avait droit au costume en sapin, s'il signait, il vivrait encore un petit peu. Il avait signé.
''Une journée d'Ivan''&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;em&gt;Une journée d'Ivan Denissovitch&lt;/em&gt; - &lt;strong&gt;Alexandre Soljénitsyne&lt;/strong&gt;</description>
    
    
    
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    <title>insomnies</title>
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    <pubDate>Mon, 27 Jun 2011 21:57:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>GM</dc:creator>
        <category>écritures</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Ils est trois heures à la fenêtre.&lt;br /&gt;
La nuit est immobile,&lt;br /&gt;
et l'insomnie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;l'alternance d'un feu&lt;br /&gt;
molle, tricolore,&lt;br /&gt;
parfois, la vie passe par ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;°°°&lt;/p&gt;
&lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Elle m'a entouré les yeux d'un cercle&lt;br /&gt;
d'ombre - l'insomnie.&lt;br /&gt;
L'insomnie a ceint mes yeux&lt;br /&gt;
d'une couronne d'ombre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marina Tsvetaïeva&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Zones - Jean Rolin</title>
    <link>http://affleurements.net/index.php/post/2011/06/09/Zones-Jean-Rolin</link>
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    <pubDate>Thu, 09 Jun 2011 18:17:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>GM</dc:creator>
        <category>livres</category>
            
    <description>    &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;A l'arrêt Gambetta du bus 123, qui relie la porte d'Auteuil à la mairie
d'Issy, montent trois jeunes gens de bonne famille, un blond, un petit brun
dans le genre nerveux et hâbleur, et une fille fadasse. Le petit brun diverti
les deux autres aux dépens de la femme de ménage de se parents, si bête qu'elle
croyait être rémunérée au mois et s'étonnait qu'on ne la payât point pendant
les vacances de ses maîtres. Ha ! Ha ! Une telle naïveté fait rire de bon cœur
et la fille fadasse. Encouragé par ce premier succès, le petit brun, avec sa
gueule à conduire des voitures décapotables avant l'âge légal du permis,
enchaîne sur l'histoire du studio que ses parents lui ont acheté, mais où ils
se refusent à l'installer tout de suite, envisageant de le louer. &amp;quot;Ah bon !
D'accord ! C'est ça mon studio !&amp;quot; Exclamations et sarcasmes du trio. C'est tout
juste s'ils ont quinze ou seize ans, mais on sent déjà que se sont épanouies
chez eux, irrévocablement, des dispositions en somme génétiques à marcher sur
la tête et les mains de leurs semblables.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;em&gt;Zones&lt;/em&gt; - &lt;strong&gt;Jean Rolin&lt;/strong&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Henry James</title>
    <link>http://affleurements.net/index.php/post/2011/05/26/Henry-James</link>
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    <pubDate>Thu, 26 May 2011 20:44:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>GM</dc:creator>
        <category>livres</category>
            
    <description>    &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;J'imagine qu'il est impossible à quiconque connut personnellement Henry
James de le lire sans émotion. Il faisait passer le ton de sa voix dans chaque
ligne qu'il écrivait, et l'on accepte les volutes de son style, sa prolixité et
ses maniérismes parce qu'ils sont l'essence même du charme, de la gentillesse
et de l'amusante emphase de l'homme dont on se souvient. Malgré tout, je
persiste à trouver ses nouvelles extrêmement peu satisfaisantes. Je n'y crois
pas. (...) Je ne pense pas que Henry James ai jamais su comment se comportaient
les gens de tous les jours. Ses personnages sont dépourvus de tripes et
d'organes sexuels. Il écrivit un bon nombre de nouvelles où figuraient des
hommes de lettres, et l'on rapport que, lorsqu'on lui disait que ceux-ci
n'étaient pas ainsi, il rétorquait : &amp;quot;Alors, tant pis pour eux.&amp;quot; On peut
considérer qu'il ne se considérait pas comme un auteur réaliste. Quoique
j'ignore si le fait a été attesté, je crois deviner que &lt;em&gt;Madame Bovary&lt;/em&gt;
devait lui faire horreur. Un jour, Matisse montra à une dame une de ses toiles,
qui était un nu, et la dame s'écria : &amp;quot;mais les femmes ne sont pas comme ça !&amp;quot;
; sur quoi il répliqua : &amp;quot;ce n'est pas une femme, madame, c'est un tableau.&amp;quot; Je
pense que, de la même manière, si quelqu'un s'était aventuré à suggérer qu'une
nouvelle de James était différente de l'existence, celui-ci aurait répondu :
&amp;quot;ce n'est pas l'existence, c'est une nouvelle.&amp;quot;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;L'art de la nouvelle&lt;/em&gt; - &lt;strong&gt;Somerset Maugham&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>rue Myrha</title>
    <link>http://affleurements.net/index.php/post/2010/12/22/rue-Myrha</link>
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    <pubDate>Wed, 22 Dec 2010 23:29:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>GM</dc:creator>
        <category>journal</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;En réponse à : Je suis d'extrême droite, c'est Laurent Joffrin qui le dit
-  &lt;a href=&quot;http://bit.ly/e2Wrjv&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;http://bit.ly/e2Wrjv&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet article de Hugues m'agace, plus encore que d'habitude (ce qui, venant du
bonhomme n'est pas si facile)(du Jules de libé aussi, en passant).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai aimé ce coin, je l'aime toujours, quitté avec quelques regrets sous le
coup du prix du mètre carré. J'ai vécu 5 ans à proximité de cette mosquée, à
500 mètres à pieds exactement, si j'en crois google maps. Quelques rues, pas
grand chose, un monde. Un monde à la fois proche, familier et lointain. J'y
suis passé régulièrement à pied, sur le chemin du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'y ai jamais croisé cette prière, je ne l'ai jamais vue en fait. Je ne
veux pas dire que cette prière n'existe pas, qu'elle ne gène pas les riverains,
que les problèmes, les soucis, les questions qu'elle pose ne sont pas réels, je
dis juste qu'on peut avoir habité 5 années dans le coin, avoir régulièrement
arpenté le quartier à pied dans tous les sens, sous toutes ses coutures, et ne
pas l'avoir vu (sans jamais l'avoir cherché non plus).&lt;/p&gt;
&lt;div id=&quot;IHqthHpEkE&quot; class=&quot;posterousGalleryMainDiv&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://posterous.com/getfile/files.posterous.com/cafenoir/uhviqCtAIwfdbAhswsJgzpJAGEuCdiByGaCHoGJahGoBrFFyzwDFFcuobCDv/media_httpaffleuremen_HJseB.jpg.scaled500.jpg&quot; width=&quot;297&quot; height=&quot;448&quot; /&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La goutte d'Or. J'y ai vécu, je m'y suis promené, j'ai &lt;a href=&quot;http://affleurements.net/index.php/post/2010/12/22/index.php/post/2010/08/04/petites-choses&quot;&gt;un peu écrit&lt;/a&gt; dessus. J'y
&lt;a href=&quot;http://affleurements.net/index.php/post/2010/12/22/index.php/post/2006/07/10/La-Goutte-dOr&quot;&gt;ai lu&lt;/a&gt;. Tout ça, un peu.
Je ne prétends pas faire autorité, ni avoir un avis définitif. C'est un
quartier qui malgré tout ce temps reste extraordinairement étrange, lointain,
opaque. J'écris encore un peu dessus parce que je sais que chez moi aussi, ça
s'en va, ça s'éloigne, et j'ai envie d'en garder un bout. Écrire m'éclaire
aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En vrac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y parle au moins 50 langues. On y trouve facilement des produits
culinaires qu'on ne trouve nulle part ailleurs dans Paris. On y trouve aucune
station de métro, sauf en bordure, aucune ligne de bus, sauf en bordure, des
embouteillages permanents de voitures qui viennent de toute l'Europe. On y
trouve une saleté constante, peut-être un des derniers endroits de la capitale
où on côtoie de la vraie misère, encrassée, incrustée, de celle que les vieux
romans racontent. On y croise au tout petit matin, des gens qui passent la nuit
dans leurs voiture, avant d'aller bosser et d'y revenir le soir suivant. On y
croise le soir, ces filles qui attendent que des messieurs les y emmènent, à
l'hôtel miteux du coin, le temps d'une passe un peu minable. On peut y entendre
le seul coup de feu qu'on a entendu de sa vie qui est venu, ouais, du bar juste
en dessous de chez soi. On y croise, jour et nuit, des gens qui parlent, rient,
téléphonent, mangent, boivent dans la rue. J'aurais pas aimé habiter côté
rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On y rencontre, square Léon, ces vieux qui jouent aux dames à longueur de
journée à côté de ces gamins qui s'époumonent au alentours d'un panier de
basket, d'un but de hand et d'un vieux ballon de football. On y trouve, rue
Myrha justement, le seul endroit de Paris, où on peut acheter une volaille
vivante, à choisir directement dans la cage. On y trouve probablement la plus
grande concentration d'insalubrité de tout Paris. On y trouve facilement toute
sorte de produits prohibés, cigarettes de contrebande, subutex, drogues douces,
crack. On y trouve des fumeurs de crack, moins maintenant, mais on les croisait
régulièrement encore il y a quelques années, &lt;a href=&quot;http://affleurements.net/index.php/post/2010/12/22/index.php/post/2005/08/23/5-habiter&quot;&gt;ombres errantes, inquiétantes&lt;/a&gt;. On y
voit, à côté de la mosquée de la rue de Polonceau, ces vieilles dames
maghrébines, assises, misérables, faire la manche. On y voit la coupe d'Afrique
des nations d'un autre œil. On rencontre aussi, une ou deux fois par an, une
démonstration de force des CRS, à la fois massive et pacifique, qu'on ne
comprend pas très bien (ce qui ne veut pas dire qu'elle n'a pas de raison
d'être).&lt;/p&gt;
&lt;div id=&quot;GkcBbvvFjv&quot; class=&quot;posterousGalleryMainDiv&quot;&gt;&lt;a class=&quot;posterousGalleryMainlink&quot; href=&quot;http://cafenoir.posterous.com/#&quot;&gt;&lt;img id=&quot;mainImage&quot; src=&quot;http://posterous.com/getfile/files.posterous.com/cafenoir/Bv2TX58KIHnI5PBxFCoLKTp0pvjWZj2Y4VDGFCnBVta9wbP03JtZbkIYnRAE/portrait.jpg.scaled.500.jpg&quot; width=&quot;500&quot; height=&quot;463&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
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&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La goutte d'or est un quartier de Paris, qu'on peut rejoindre facilement
depuis la gare du nord (2 à 3 stations de métro, 15mn à pied), et j'ai pourtant
la sensation que tout parisianistes que soient nos médias nationaux, et dieu
sait qu'il le sont, c'est encore loin, trop étranger, trop lointain (hormis
peut-être la Villa Poissonière, havre étrange dans ce quartier). La goutte d'or
tient son nom d'un vin qui fut du coin, que j'imagine blanc, bien sûr. La rue
des Poissonniers parce que c'était la route de ceux-ci qui passaient par là. La
rue Marcadet, parce que le marché. D'autres rues, je n'en connais pas le nom,
ni l'histoire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces derniers mois, la goutte d'or est apparue à deux reprises dans la
presse, apparition toujours poussée par une droite identitaire, plus ou moins
épaulée sans grand talent, par une mouvance laïque extrémiste (non pas que la
droite identitaire en ait à revendre, du talent, hein). L'affaire des
saucissons et l'affaire de la mosquée de la rue Myrha, donc. L'affaire des
saucisson m'avait fait rire, par son côté grossièrement stupide. L'affaire, et
les commentaires de la rue Myrha m'attristent. Les deux me consternent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'impression un peu vague de voir ce coin et surtout, ses riverains, qui
n'en peuvent plus, c'est entendu, instrumentalisés au gré des humeurs et des
besoins électoraux d'untel ou de telle autre, toujours, bien sûr au non de la
défense de l'intérêt supérieur, de la république, de la nation, mais jamais, oh
non jamais, de la bonne vieille crapoteuse tambouille, ou du bon gros vieux
préjugé des familles. Moi, je sais qu'ici pas de saucisson, ici, la république
en danger, ici l'islamisme conquérant, ici, maintenant, circulez, si vous
pouvez : il n'y a rien d'autre à voir. Toujours, les grands principes pour
défendre le riverain, l'habitant qui n'en peut plus et qui est pris à témoin,
petit soldat d'une bataille qui finalement, l'ignore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'en peuvent plus de tout ce que j'ai dit au dessus : misère, bruit,
saleté, drogue, insalubrité. De prière, de saucisson, excusez mon langage, mais
: sans déconner, vous croyez vraiment ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous voulez aimer la rue Myrha, ça va pas être facile. Moi, je ne l'aime
pas. Elle est sale, toujours en travaux, mal éclairée, pleine de bars où
franchement, vous n'avez pas envie de vous arrêter boire un café. Allez-y le
matin, le jour, la nuit (elle est franchement inquiétante, cette rue, la nuit,
peut-être la seule de Paris à être si mal éclairée. N'y allez pas seule en tout
cas, si vous êtes une femme, à mon avis). Passez-y du temps, dégotez des
histoires, pas besoin d'être journaliste pour voir qu'elle en regorge, en
déborde, d'histoires. Il y a, peut-être, juste besoin de journalistes pour les
attraper, les raconter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;°°°&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;posté initialement ici : http://cafenoir.posterous.com/37201355&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Et soudain Staline mourut</title>
    <link>http://affleurements.net/index.php/post/2010/12/20/Et-soudain-Staline-mourut</link>
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    <pubDate>Mon, 20 Dec 2010 17:40:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>GM</dc:creator>
        <category>livres</category>
            
    <description>    &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Et soudain, le 5 mars 1953, Staline mourut. La mort de Staline fit
littéralement irruption dans le système gigantesque de l'enthousiasme mécanisé,
de la colère populaire et de l'amour populaire décrétés par le comité de
district du Parti. Staline mourut sans qu'aucun plan l'eût prévu, sans
instruction des organes directeurs. Staline mourut sans ordre personnel du
camarade Staline. Cette liberté, cette fantaisie capricieuse de la mort
contenait une sorte de dynamite qui contredisait l'essence la plus secrète de
l'Etat. Le trouble s'empara des esprits et des coeurs.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Vassili Grossman&lt;/b&gt; - &lt;i&gt;Tout passe&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>Je passe ma vie à poser des questions</title>
    <link>http://affleurements.net/index.php/post/2010/11/19/Je-passe-ma-vie-%C3%A0-poser-des-questions</link>
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    <pubDate>Fri, 19 Nov 2010 16:31:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>GM</dc:creator>
        <category>livres</category>
            
    <description>    &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Moi, je n'ai pas de théories. Je passe ma vie à poser des questions et à les
entendre résoudre dans un sens ou dans l'autre, sans qu'une conclusion
victorieuse et sans réplique m'ait jamais été donnée. J'attends la lumière d'un
nouvel état de mon intellect et de mes organes dans une autre vie, car, dans
celle-ci, quiconque réfléchit embrasse jusqu'à jusqu'à leur dernières
conséquences les limites du &lt;em&gt;pour&lt;/em&gt; et du &lt;em&gt;contre&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;George Sand&lt;/strong&gt;, dans une lettre à &lt;strong&gt;Gustave
Flaubert&lt;/strong&gt;, datée du 29 novembre 1866 (et non envoyée semble t'il)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>les erreurs</title>
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    <pubDate>Mon, 20 Sep 2010 14:22:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>GM</dc:creator>
        <category>journal</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;C’est le même livre qu’il lit et relit sans cesse ; une lecture ponctuée,
toujours aux mêmes passages, de soupirs, d’espérances, de sourires, de
grommellements, de conseils soliloqués aux personnages... “Non, Anna, ne fait
pas ça, tu vas le regretter !”. Une fois le livre terminé, il le repose
quelques jours, un peu dépité... elle n’apprendra donc jamais de ses erreurs
?&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>le complexe de Palinure</title>
    <link>http://affleurements.net/index.php/post/2010/09/12/le-complexe-de-Palinure</link>
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    <pubDate>Sun, 12 Sep 2010 10:47:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>GM</dc:creator>
        <category>livres</category>
            
    <description>    &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Celui qui est atteint du Complexe de Palinure se révèle incapable de tenir
longtemps le gouvernail. Comme le pilote du vaisseau d'Enée, il tombe à la mer
pendant son sommeil. C'est un adolescent permanent. Les expériences subies dans
les grandes écoles ont arrêté son développement. Il a été élevé sur le système
des bonnes notes, une bonne note &amp;quot;pour toutes les fois où il a ouvert la
bouche… et maintenant qu'on a cessé de lui en donner, il ne sait plus quoi
faire&amp;quot;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Tu écriras sur le bonheur&lt;/em&gt; - &lt;strong&gt;Linda Lê&lt;/strong&gt;</description>
    
    
    
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    <title>les petites choses</title>
    <link>http://affleurements.net/index.php/post/2010/08/04/petites-choses</link>
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    <pubDate>Wed, 04 Aug 2010 11:49:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>GM</dc:creator>
        <category>journal</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;&lt;img title=&quot;20100804-evidemmentbelle.JPG, août 2010&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; alt=&quot;20100804-evidemmentbelle.JPG&quot; src=&quot;http://affleurements.net/dotclear/public/photolog/2010/20100804-evidemmentbelle.JPG&quot; /&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les dernières fois retrouvent parfois le goût des premières. Les petites
choses prennent une saveur, un relief particulier, quittent leurs confortables
habitudes, se dénudent, se colorent lentement de nostalgie. Alors, pèle mêle,
un début d'inventaire probablement amené à se remplie au fil des prochaines
semaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les noms de boutiques improbables / Le Sacré Cœur qu'on aperçoit, là bas, du
bas de la rue Labat / Le sens de l'&lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://affleurements.net/index.php/post/2007/09/17/Chateau-rouge&quot;&gt;humour local&lt;/a&gt; / Les fille de la
rue, aguicheuses, leur sourires, leur paroles, intéressés / Le &lt;a href=&quot;http://affleurements.net/index.php/post/2008/09/03/la-rue&quot;&gt;spectacle&lt;/a&gt; de la rue / Les odeurs d'ici,
des épices, de poisson séché, d'urine aussi /Des &lt;a href=&quot;http://affleurements.net/index.php/post/2009/08/20/Goutte-d-Or&quot;&gt;couleurs&lt;/a&gt; d'ici / Ceux qui dorment,
la nuit, dans leurs voiture / Ceux qui &lt;a href=&quot;http://affleurements.net/index.php/post/2005/08/23/5-habiter&quot;&gt;hantent&lt;/a&gt; / Ces légumes, dont je ne
connais pas encore le nom / Les langues attrapées au vol / Les dealers du petit
matin, stratégiquement assis sur une chaise de camping au croisement / La
&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Kora&quot;&gt;kora&lt;/a&gt; de mon voisin, fabriquée
de ses propres mains et qui m'a proposé de m'en faire une pour 500 euros / les
annonces de la gare du nord, qui nous arrivent les jours calmes, lorsque le
vent s'y prête / (...)&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>immigrer - émigrer</title>
    <link>http://affleurements.net/index.php/post/2010/08/02/immigrer</link>
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    <pubDate>Mon, 02 Aug 2010 14:56:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>GM</dc:creator>
        <category>journal</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;En réponse (partielle) au &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://leblogdedoudette.blogspot.com/2010/07/limmigration-en-echec.html&quot;&gt;questionnaire
du blog de Doudette&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;em&gt;Quand et pourquoi la famille est-elle venue en
France?&lt;/em&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n’ai, stricto-sensu, qu’un seul grand parent qui est né à l’étranger,
mais j’en ai deux que j’ai toujours considéré comme étant d’&lt;em&gt;origine
étrangère&lt;/em&gt;. Un de mes grand père avait en effet ses deux parents qui
étaient des immigrés polonais, vraisemblablement venus en France pour des
raisons économiques. Des ouvriers agricoles, pour ce que j’en sais : cette
histoire est bien ancienne et les témoins directs ont aujourd'hui presque tous
disparus et ont de toute façon toujours été peu diserts sur leurs parcours. La
transmission de cette histoire là, ne fait pas partie de mon héritage
familial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce grand père en question, ce français fils d'immigré polonais, suffisamment
français en tout cas pour faire partie de l'armée française durant la seconde
guerre mondiale a été fait prisonnier en Allemagne, où il a rencontré et aimé
ma grand mère, elle même prisonnière, mais en provenant de Russie, d’une
campagne assez proche de Leningrad (une proximité à la dimension Russe, de
quelques centaines de kilomètres, je ne crois pas qu’elle ait directement connu
l’horrible &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Si%C3%A8ge_de_L%C3%A9ningrad&quot;&gt;siège de la
ville&lt;/a&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'issue de la guerre, ils sont venus en France, je ne sais pas trop ce qui
a guidé leurs choix, la France plutôt que l’URSS. Lui est rentré chez lui. Elle
a immigré et émigré. Ils ont dû faire accepter à ses vieux parents à lui,
polonais, catholiques très pratiquants, l’entrée dans la famille d’une jeune
fille soviétique, communiste assez pratiquante. Aujourd'hui, je sais simplement
qu'au vu des lois en vigueurs en URSS à l’époque, si ma grand mère était
retournée là bas, elle serait directement partie au Goulag : Staline, ce grand
humaniste devant l'éternel, considérait que tout prisonnier de guerre était un
traître, et donc, partant pour un petit tour en Sibérie. Ce n’était pas
forcément une mauvaise idée de venir en France, après tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pauvreté, la guerre, le totalitarisme. Les raisons de fuir semblent
toujours être un peu les mêmes aujourd’hui. Et ceux qui arrivent sont aussi des
gens qui ont laissé un pan de vie quelquepart.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Personnellement, considérez-vous que c'est une intégration réussie
?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est-ce que c’est une intégration réussie ? &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://affleurements.net/index.php/post/2007/04/18/polonais&quot;&gt;Un jour&lt;/a&gt; où je recherchais à mieux
connaître l’immigration polonaise de l’entre-deux guerre, je suis tombé sur cet
extrait d’un rapport du préfet du Pas-de-Calais du 11 octobre 1929, sur
l’immigration polonaise de l’époque : &amp;quot;Les Polonais travaillant aux mines,
vivant en groupe, n’ont que peu ou pas de rapports avec nos ressortissants.
Loin de les rechercher, ils s’efforcent de vivre uniquement entre eux,
encouragés en cela par leurs ministres du culte et par leurs autorités
consulaires elles-mêmes. (...) Quelle est l’aptitude de l’immigrant polonais à
s’assimiler ? La réponse est nette : aucune, quant au présent du moins ; j’ai
dit plus haut que le Polonais ne recherchait pas la compagnie de l’ouvrier
français. Cette observation se vérifie même durant les heures de travail. Au
fond de la mine comme sur le carreau ou à l’atelier, un mur invisible les
sépare. Á l’issue de la journée, chacun s’en va de son côté. L’estaminet ne les
rapproche même pas, non plus que le sport.&amp;quot; [Cité par Janine Ponty, Polonais
méconnus, Publications de la Sorbonne 1988. Le lien où j’avais trouvé cet
extrait est mort aujourd’hui, je ne puis en assurer l’exactitude.].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que dire de plus, au regard des discours tenus aujourd’hui ? “&lt;em&gt;Ils n’ont
pas la même langue, la même culture, la même religion, ils restent entre
eux&lt;/em&gt;.” Je disais plus haut que les raisons qui faisaient alors partir les
gens ressemblent à celle qu’on peu imaginer aujourd’hui. Je pourrais ajouter
que les peurs qui les accueillent aujourd’hui sont les mêmes que celle d’alors.
Je ne sais pas trop quoi penser de cette permanence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je dois avouer que jusqu'il y a quelques mois, années peut-être, je ne
m’étais jamais vraiment posé la question des mes origines, ni de leurs
relations avec ma &lt;em&gt;francité&lt;/em&gt;. Ca n'a jamais été une question pour moi,
ni chez moi, ni dans ma famille. Jamais une question discutée entre nous en
tout cas. A tel point que je ne savais pas trop comment l’appeler, ce
“caractère d’être français”, donc de ne pas être, ni me sentir étranger en
France. Je trouve à l’instant ce terme : &lt;a hreflang=&quot;fr&quot; href=&quot;http://fr.wiktionary.org/wiki/francit%C3%A9&quot;&gt;francité&lt;/a&gt;, qui aurait été
inventé par Senghor, alors je le prends, ce mot, surtout s’il a cette parenté.
Cette qualité d'être français, que je refuse à appeler identité, parce que mon
identité ne se résume pas à ça, mon identité étant précisément ce qui m’est
irréductible, ce que ma nationalité n’est pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne l’ai jamais vécu ce sujet comme une question, ce qui, dans le fond
doit être la preuve d’un intégration réussie, totale. Peut-être que
l’intégration est là, justement, lorsqu’on ne la questionne plus. Sauf que,
cette intégration, ce qui la questionne, ceux qui la questionnent, ne sont pas
ceux qui la vivent, la subissent, la recherchent. Je suis intégré, ou non, dans
le regard des autres, quelque-soit celui que je porte sur la question, sur ma
question, ma vie, ma position.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne l’ai jamais vécu ce sujet comme une interrogation, sauf depuis
quelques mois, quelques années, où à grand renfort de phobies exacerbées et
exaspérantes cette question m’est renvoyée à la figure, même si je sais bien
qu’elle ne m’est pas destinée personnellement : on ne manquera en effet pas (et
on ne manque pas) de me dire que ce n’est pas pareil, et de citer, pèle mèle,
&lt;em&gt;la culture, la religion, le sens de l’effort ou le goût du travail (moi ?
ahah)&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;et cætera, et cætera,&lt;/em&gt; le tout, à grand renfort de
théorisation du retour du barbare, de l’incivilisé, de l'ennemi intérieur
envers lequel nous sommes en guerre, de l'envahisseur, sous le grand patronage
de “penseurs” ou &amp;quot;intellectuels&amp;quot; tout fiers d’ériger leurs petites phobies
minables en systèmes de pensée télévisés. Et moi, alors, de repenser aussitôt,
à ce rapport du préfet rédigé le onze octobre de l'année mille neuf cent vingt
neuf, écrivant, sans coup férir ni frémir : “Quelle est l’aptitude de
l’immigrant polonais à s’assimiler ? La réponse est nette : aucune”... Puis la
pensée, la mienne, suit son cours sinueux : qu’est-ce qui réellement n’est pas
pareil, dans leur regard ? Je ne vois pas trop, ou justement, je ne vois que
trop, la réponse semble assez nette, elle aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour revenir à cette question et y répondre finalement, est-ce une
intégration réussie ? Demandez à ceux qui me regardent, ils vous donneront leur
réponse/ Je suis d'&lt;em&gt;origine étrangère&lt;/em&gt;.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>le sourire</title>
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    <pubDate>Tue, 29 Jun 2010 16:38:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>GM</dc:creator>
        <category>écritures</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Face au miroir matinal, aussi trouble que son humeur, il observe ses cernes,
sa fatigue, sa lassitude. Il ferme les yeux, le temps d'une lente et profonde
inspiration, puis se scrute à nouveau. Peu à peu il retrouve son sourire un peu
figé, son air de bonne humeur, celui qu'il va arborer toute la journée, comme
un masque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il ne veut pas que les autres le voient comme il se sent.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>la vieille</title>
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    <pubDate>Mon, 31 May 2010 20:49:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>GM</dc:creator>
        <category>journal</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Elle est devant la lourde porte en bois, qu'elle n'arrive pas à pousser, à
cause de son bras en bandoulière et de ses 80 ans, qui ce soir pèsent tant.
Arrivant en même temps qu'elle, je lui ouvre la porte, j'attends patiemment
qu'elle entre dans la cour, de son pas lent, mal assuré, incertain, un peu
hagard ; elle semble perdue alors qu'elle est chez elle.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Je croyais que mon père était Dieu</title>
    <link>http://affleurements.net/index.php/post/2010/05/24/Je-croyais-que-mon-p%C3%A8re-%C3%A9tait-Dieu</link>
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    <pubDate>Mon, 24 May 2010 16:56:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>GM</dc:creator>
        <category>livres</category>
            
    <description>    &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Mais ce que je me rappelle le mieux, c’est Mr. Bernhauser. C’était notre
voisin de derrière. Il se montrait particulièrement méchant et antipathique
avec les enfants, mais il était grossier aussi avec les adultes. Il avait un
prunier dont les branches passaient par-dessus notre clôture. Si les prunes
étaient de notre côté, nous pouvions les cueillir, mais que Dieu nous aide si
nous franchissions la limite. Il faisait un foin de tous les diables. Il criait
et nous insultait jusqu’à ce que l’un de nos parents vint voir ce qui se
passait. D’habitude c’était ma mère, mais cette fois ce fut mon père. Personne
n’aimait beaucoup Mr. Bernhauser, mais mon père lui en voulait en particulier
parce qu’il gardait tous les jouets et les balles qui avaient le malheur
d’atterir dans son jardin. Donc voilà Mr. Bernhauser en train de crier de
déguerpir de son arbre, et mon père qui lui demande quel est le problème. Mr.
Bernhauser respira un grand coup et se lança dans une diatribe sur les gosses
chapardeurs, désobéissant, voleurs de fruits et monstres en général. Mon père
devait en avoir assez, j’imagine, parce que ce qu’il fit alors, c’est crier à
Mr. Bernhauser de s’écraser. Mr. Bernhauser arrêta de hurler, regarda mon père,
devint écarlate, et puis violet, se serra la poitrine des deux mains, devint
gris et s’effondra lentement sur le sol. Je pensais que mon Père était Dieu.
Qu’il pût, en criant sur un misérable vieillard, le faire mourir sur commande,
cela dépassait mon entendement.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Je croyais que mon père était Dieu&lt;/em&gt; et autres récits de la réalité
américaine – Anthologie composée par &lt;strong&gt;Paul Auster&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>gare du nord</title>
    <link>http://affleurements.net/index.php/post/2010/04/13/gare-du-nord</link>
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    <pubDate>Tue, 13 Apr 2010 18:35:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>GM</dc:creator>
        <category>journal</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Elle est étrangement seule, immobile au milieu de la foule mouvante qui
l'enlace, indifférente. Elle fixe un point inconnu au travers ses lunettes
noires, agite sa canne devant elle. Elle a peur, elle n'y voit rien.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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  <item>
    <title>la pâte à pizza</title>
    <link>http://affleurements.net/index.php/post/2010/04/13/la-p%C3%A2te-%C3%A0-pizza</link>
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    <pubDate>Tue, 13 Apr 2010 00:13:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>GM</dc:creator>
        <category>journal</category>
            
    <description>    &lt;p&gt;Il n'avait rien à dire, vraiment. Si ce n'est que parfois la musique prenait
une sorte d'épaisseur étrange, comme une pâte à pizza. C'était la seule
comparaison qui lui venait à l'esprit, toute ridicule qu'elle semblait. Et il
voyait bien telle qu'elle l'était : ridicule. Aucun musicien de sa connaissance
n'accepterait d'être comparé à un morceau de farine allongé d'un peu d'eau.
Pourtant, il ne voyait que ça. De la pâte à pizza. En fait elle lui semblait
tellement ridicule, cette comparaison, que le plus souvent, il préférait se
taire. C'était mieux comme ça.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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      </item>
    
  <item>
    <title>Lily et Braine</title>
    <link>http://affleurements.net/index.php/post/2010/03/17/Lily-et-Braine</link>
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    <pubDate>Wed, 17 Mar 2010 07:14:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>GM</dc:creator>
        <category>livres</category>
            
    <description>    &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;Tu ne lis jamais. Tu n'aimes pas lire ? Non, dit Lily, ça me fait réfléchir.
C'est plutôt bien, dit la mère. Non, dit Lily, c'est pas bien, ça me raconte
des histoires qui me font envie, et tôt ou tard je me demande si la mienne vaut
la peine. Je te laisse, ma chérie.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Lily et Braine&lt;/em&gt; - &lt;strong&gt;Christian Gailly&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>L’année de la pensée magique – Joan Didion</title>
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    <pubDate>Sun, 14 Mar 2010 17:09:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>GM</dc:creator>
        <category>livres</category>
            
    <description>    &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;quand les temps sont difficiles, m’avait-on enseigné depuis toute petite,
lis, apprend, révise, va aux textes. Savoir c’est contrôler.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;L’année de la pensée magique&lt;/em&gt; – &lt;strong&gt;Joan Didion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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    <title>tristesse</title>
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    <pubDate>Mon, 01 Feb 2010 09:02:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>GM</dc:creator>
        <category>journal</category>
            
    <description>    &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;Sometimes I Feel Like a Motherless Child&lt;/em&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
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    <title>La statue de sel - Albert Memmi</title>
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    <pubDate>Sun, 24 Jan 2010 18:23:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>GM</dc:creator>
        <category>livres</category>
            
    <description>    &lt;blockquote&gt;
&lt;p&gt;J'appartenais à ma famille et à l'Impasse, j'en vivais les lois et acceptais
les sanctions avec joie. Une fois, pour avoir maudit le nom de Dieu, je reçus à
coup de ceinture une brûlante raclée sur la plante des pieds. Je ne pus marcher
pendant trois jours, mais je trouvais la peine juste, et salvatrice lorsque
j'appris le danger encouru : en enfer on m'aurait arraché les paupières et
obligé à fixer le soleil en plein midi. De penser seulement au céleste
châtiment, je l'imaginais et les larmes protectrices me venaient au yeux. Il
n'a pu durer si longtemps ce bonheur confortable d'une vie réglée par le
respect confiant et les justes craintes.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;&lt;em&gt;La statue de sel&lt;/em&gt; - &lt;strong&gt;Albert Memmi&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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